" Je fais souvent ce même rêve étrange, qui m'envahit le corps de frisson. Je suis là, endormie,face à mes songes, telle une poupée qui s'affole, je tombe dans ce vide, ce trou si noir qu'on en voit jamais la fin. Pourquoi ce même rêve qui m'opresse sans cesse? J'essaie de me rattraper à tout et à rien, je ne peux que me laisser engloutir par ce sombre vide pour ne redevenir que néant à jamais..."

dimanche 29 mai 2011

Les aiguilles du temps

Suspendu sur ce vaste mur fissurer
Mon triste miroir poussièreux y reflète
Mon image recouverte de chair suturer.
De ce bruit incessant qui m'entête

D'une horloge d'horreur qui jamais ne cesse
Comme un tourbillon de tic-tac permanent.
Ces folles aiguilles qui tournent inlassablement,
Dévorant ma périssable beauté de jeunesse.

Je revie mon passé pourtant poignant.
Je reste muette devant cette déchéance,
Me laissant aspirer par ce décompte du temps.

Condamnée à me voir dépérir vers le néant,
Je respire une dernière fois dignement.
Mon sang se fige, je m'évanouie ainsi pour la vie.

© Tristanna Ferret






vendredi 27 mai 2011

La peur du néant


Le teint terne, les rides creusées.
Le temps passe et me mange à jamais.
Je suis dégoût devant ce miroir
Quand la mort m'admire chaque soir.


La peur me secoue et m'enivre.
Le coeur fissuré par ces secondes
Qui le ronge de remords ivre,
Sans même un répit, c'est immonde!


L'heure va bientôt sonner
Je m'effondre à l'idée
De ne plus exister.


Le néant arrive
Agonisante, je dérive
Sur ma vie inachevée.


© Tristanna Ferret





Invente-moi un jeu

Invente-moi un jeu
malicieux
délicieux
vicieux!


Chut! Je respire sans bruit...


Invente-moi un jeu
coquin
libertin
vilain!


Chut! Tu vas être maudit...


Invente-moi un jeu
impoli
perverti
interdit!


Chut! Je suis au Paradis...


© Tristanna Ferret







jeudi 26 mai 2011

Fuir ton être

Seule étendus au-dessus du précipice.
Le regard perdus dans le vide, errante.
Mes douces pensées se figent et ternissent.
Comme ton être me manques!


Un instant, le temps s'arrête.
J'entends les bruits de ta venue.
Mon coeur se serre à l'approche de ton être.


Seule, je me relève lentement.
Je soupir; et d'un pas doucement,
Me jette dans le vide, tremblante.
Comme ton visage me hantes!


Un instant, le temps s'arrête.
Je respire l'odeur de ta peau.
Mon âme se perd à frôlée ton être.


© Tristanna Ferret



dimanche 22 mai 2011

L'ivresse

Une, deux, trois gorgées
S'écoulent dans ma gorge sérrée.
Je sens fuir mes pensées
Pour oublier le passé.


Quel est ce poison
Qui ruisselle dans mes veines?
Me fait oublier mes peines,
Qui perdurent sans raison.


Je me laisse aller
Dans cette ivresse
Qui me soulage sans cesse.


Pour enfin retrouver
La douceur de vivre
Pendant quelques heures, ivre...


© Tristanna Ferret


mardi 17 mai 2011

Veuve noire

L'ennui se filait sur ma toile d'ombre.
Vêtue de ma plus belle robe sombre,
D'un noir brillant et rouge vif
T'attirant dans mon tissage inofensif.


Te laissant délicatement t'approcher
Prolongeant mon corps velouté.
Je me précipite et te capture
Paralysant ton corps d'une morsure.


Je t'enveloppe d'un linceul de soie
A présent tu es ma proie
Tu m'a tromper tant de fois.


Ton coeur, je te le liquéfie
Pour en avaler la bouillie
Te punissant de m'avoir trahie.


© Tristanna Ferret


Avant que...

Avant que tu ne t'éloignes
Apprend-moi lentement à oublier ton visage
Que je m'habitue à un nouveau paysage.


Je m'abreuve de tes derniers instant de vie,
Respire tes charmes voluptes et divins
Pour enfin apprivoiser cette mélancolie.
Chaque nuit je songe au nouveau lendemain.


Avant que tu me laisse
Apprend-moi doucement à lâcher ta main
Que je m'habitue à ton absence.


Je sculpte ton corps inerte et blême
Ivre et foudroyant ton visage blafard.
Je m'engouffre à pas lent et frêle
Chaque soir dans mes rêves, espérant te revoir.



© Tristanna Ferret

L'agonie

A la lumière blafarde,
Qui reluit sur son doux visage
Apre et glacé comme un beau paysage,
Déchire sa vie silencieuse et criarde.


Au crépuscule de cette sombre nuit,
Effaçant tout sur son passage,
Tel un morbide présage.
La douleur, l'angoisse se vit sans bruit.


Son coeur s'arrache de souvenirs amers.
Sa respiration se fait lente et tremblante,
La précipitant au fond du néant qui la hante.


Son corps torturé, sans vie,
Disparaît petit à petit sous terre
Comme un vulgaire débris...


© Tristanna Ferret


Vertige amer

Je me fuis
Poursuit l'envie
Jusqua l'infini.


Je me perd,
La tête à l'envers
Je vois l'Enfer.



Balance-toi dans le vide de cette vie.



© Tristanna Ferret